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Elections en Gambie : Avertissement du Haut-Commissaire Zeid sur les violations des droits de l’homme

(Traduction française non officielle - version originale disponible en anglais)

GENEVE (16 décembre 2016) - La présence militaire accrue déployée en Gambie depuis que le Président Yahya Jammeh a rejeté le résultat des élections risque d’aggraver le climat actuel d’intimidation et de harcèlement dans le pays, a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.

« Cela est profondément inquiétant, compte tenu du nombre de violations des droits de l’homme en Gambie, y compris le recours excessif à la force contre les manifestants, la détention arbitraire et les décès en détention, ainsi que les allégations de torture et de mauvais traitements infligés aux détenus ».

« Nous rappelons aux autorités gambiennes que les gens doivent pouvoir exercer leurs droits de réunion pacifique, d’association et de liberté d’expression. Les forces de sécurité doivent faire preuve de retenue dans l’utilisation de la force et respecter les normes internationales relatives aux droits de l’homme », a déclaré M. Zeid. « Tous les responsables de violations des droits de l’homme doivent être tenus responsables », a-t-il ajouté.

Le Président Jammeh, qui est au pouvoir depuis plus de 22 ans, a d’abord accepté la victoire d’Adama Barrow. Cependant, le 9 décembre, M. Jammeh a rejeté les résultats publiés par la Commission électorale indépendante (CEI) et a appelé à de nouvelles élections. Le 13 décembre, son parti l’APRC a introduit une requête contestant les résultats auprès de la Cour suprême.

« Il n’y a actuellement aucune Cour Suprême en Gambie et la façon dont le Président Jammeh a nommé et révoqué des juges sans suivre les dispositions constitutionnelles a érodé l’indépendance et la crédibilité de la magistrature », a noté Zeid.

« J’exhorte le Président et tous les partis politiques à respecter le résultat des élections, le processus démocratique et l’Etat de droit », a souligné le Haut-Commissaire.

Le Haut-Commissaire a également demandé à M. Jammeh de respecter le statut indépendant de la CEI, après que l’armée ait repris le contrôle de ses locaux et ordonné à ses fonctionnaires de partir. Le président Jammeh et son gouvernement doivent éviter de recourir à des menaces ou des actes d’intimidation, y compris contre M. Barrow et ses partisans, et les membres de la CEI, a souligné Zeid.

« Toutes les parties doivent se conduire d’une manière qui contribue à une atmosphère paisible pendant cette période cruciale et, en particulier, éviter d’utiliser un langage inflammatoire. Nous demandons instamment à toutes les parties de réaffirmer leur attachement à la démocratie et de veiller à ce qu’il y ait un passage pacifique du pouvoir au plus tard le 18 janvier, conformément au souhait et à la volonté librement exprimés du peuple gambien ».

FIN

Contacts : Rupert Colville (+41 22 917 9767 /rcolville@ohchr.org), Liz Throssell (+41 22 917 9466 / ethrossell@ohchr.org) or Ravina Shamdasani (+41 22 917 9169 / rshamdasani@ohchr.org)

Traduction française non officielle - version originale disponible en anglais : http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=21044&LangID=E#sthash.ZCmbd2Pz.dpuf