Bureau Régional pour l’Afrique de l’Ouest
<multi>[fr]Jeunes filles : l'éducation d'abord, le mariage ensuite[en]A girl's education comes first, marriage will follow later</multi>©

Jeunes filles : l’éducation d’abord, le mariage ensuite

7 mars 2017 Une élève prévient un mariage précoce et s’engage pour la scolarisation des filles grâce à l’éducation à la citoyenneté et aux droits de l’Homme.

Sokhna Diara Diouf a 15 ans. Elle est membre du Club Citoyenneté et Droits de l’Homme du CEM les Martyrs de Thiaroye, en banlieue de Dakar, au Sénégal.

Tous les jeudis, Sokhna participe avec les élèves de sa classe, filles et garçons, même si elle admet que les filles sont plus nombreuses, aux réunions du club pour décider du thème qui fera l’objet du débat sur la citoyenneté et les droits de l’homme le jeudi suivant.

Cette fois, le thème choisi est la scolarisation, le maintien des filles à l’école et le mariage.

Ce qui motive le choix des thèmes, ce sont les défis du quotidien des élèves. Ils choisissent un thème qui pourra leur permettre de traiter les droits de l’homme tout en les appliquant à des problèmes qu’ils rencontrent chaque jour. Ainsi, la question de la scolarisation des filles et de leur maintien à l’école se pose fréquemment aux élèves du Club, car certaines, lorsqu’elles ont passé le cap de la puberté doivent se marier.

Pour traiter la question, les élèves utilisent des manuels sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et se focalisent sur les articles concernant le thème du jour. Les débats sont encadrés par des professeurs d’histoire géographie qui donnent des cours d’instruction civique et citoyenneté. Ils sont formés, disposent de guides sur l’éducation aux droits de l’homme.

Après ce débat, Sokhna s’est trouvée confrontée à la question du mariage d’une de ses camarades. Pendant le débat elle a compris qu’il ne fallait pas seulement scolariser les filles, mais les maintenir à l’école, car parfois, à peine savent-elles lire que l’on pense que c’est suffisant et qu’elles doivent devenir des épouses. Ainsi, elle dit :

« Mon amie est venue me voir pour me dire que ses parents voulaient qu’elle arrête l’école pour se marier. Je lui ai dit de ne pas forcer les choses avec ses parents, de les écouter puis de leur parler. Il faut sensibiliser les parents afin qu’ils sachent l’importance des études pour les filles. Que les filles pourraient être des médecins, des présidentes, des doctoresses, elle m’a écouté et suivi mon conseil. Elle a parlé avec ses parents et moi avec les miens. Ma mère a ensuite parlé avec les parents de la fille et on les a convaincus. »

Elle conclut que : « le Sénégal est un pays de parité, les filles et les garçons travaillent. De plus, mon amie est une excellent élève, donc il ne faut pas la marier trop tôt et la faire disparaître de l’école ».

Maintenant, Sokhna Diara Diouf est la preuve vivante de son acte de courage. Grâce aux activités du Club Citoyenneté et droits de l’homme de son école, elle comprend mieux ses droits et ceux de toutes les filles. Elle est devenue une jeune défenseuses des droits voulant passer le message aux autres élèves, notamment par ce témoignage.

Dans les dix pays où les taux de mariage des enfants sont les plus élevés, neuf sont en Afrique. Le mariage des enfants est une violation des droits des femmes et des filles et fait partie des facteurs soulignant et contribuant à la violence sexuelle des partenaires intimes et aux infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH, ainsi que le refus de l’accès des filles à l’éducation et aux compétences professionnelles. Alors que nous célébrons la Journée internationale de la femme le 8 mars, le Bureau des droits de l’homme de l’ONU, l’Union africaine et ONU Femmes lancent un rapport sur les droits des femmes en Afrique. Lisez le rapport complet ici.

Découvrez l’histoire de Sokhna en vidéo : ici

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