Traite des enfants : PAPEV renforce la lutte régionale
Atelier régional de renforcement de capacités des acteurs de la chaîne judiciaire de la Guinée, de la Guinée Bissau, de la Gambie et du Sénégal sur la coopération transnationale dans le cadre de la lutte contre la traite des enfants.

Chaque année, des milliers d’enfants traversent les frontières en Afrique de l’Ouest dans des conditions qui les exposent à des risques graves d’exploitation et de traite. À Conakry du 21 au 24 avril 2026 des acteurs clés de quatre pays ont uni leurs efforts pour transformer ces routes de vulnérabilité en espaces de protection. La rencontre a été initiée par le Bureau Régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme via le Projet d’Appui à la Protection des Enfants victimes de violations de leurs droits (PAPEV) financé par l’Agence Italienne pour la Coopération au Développement (AICS). Elle intervient dans un contexte marqué par la montée en complexité des réseaux de traite. La formation a réuni 45 experts venus de la Guinée, de la Guinée-Bissau, de la Gambie et du Sénégal.

Présidée par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice de Guinée Ibrahima Sory II Tounkara, cette activité s’inscrit dans une dynamique de coopération renforcée entre les pays de la sous-région. L’objectif est clair : transformer les frontières en espaces de protection et non en zones de vulnérabilité pour les enfants.

Policiers aux frontières, magistrats spécialisés et représentants de la société civile notamment du Réseau Afrique de l'Ouest pour la Protection des Enfants (RAO) ont travaillé ensemble pour harmoniser leurs approches et améliorer la surveillance transnationale.

Les participants se sont concentrés sur deux leviers majeurs : la coopération judiciaire entre les États et le rôle central de la police dans la surveillance transfrontalière. Les discussions ont permis d’identifier des pistes concrètes pour mieux détecter, poursuivre et démanteler les réseaux de traite.

L’atelier a également porté sur l’amélioration des techniques d’enquête policière, au soutien psychosocial des enfants victimes et à l’alignement des pratiques sur les standards de la CEDEAO. Cette orientation traduit une volonté partagée de construire une réponse régionale plus cohérente, plus humaine et plus efficace.

L’activité a été marquée par des visites de terrain au Centre d’accueil et de transit du Service Central de Protection des Personnes Vulnérables, à Bellevue, ainsi qu’à l’Office de Protection du Genre, de l’Enfance et des Mœurs. Ces structures jouent un rôle essentiel dans la prise en charge des personnes vulnérables, la protection des mineurs et l’accompagnement des victimes de traite.

L’atelier illustre l’importance d’une réponse concertée face à un phénomène qui dépasse les frontières nationales. À Conakry, les partenaires régionaux ont affiché une même ambition : bâtir un cadre de protection solide pour que chaque enfant puisse circuler dans la dignité et la sécurité.