À Kolda, les décideurs du système éducatif formés sur la gestion des violences scolaires.
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Comment reconnaître un enfant victime de violences ? Comment le protéger et l’orienter vers les services compétents ? À Kolda, du 23 au 25 septembre 2026, 49 acteurs du système éducatif et de la protection de l’enfance ont été formés à ces questions essentielles dans le cadre du Projet d’Appui à la Protection des Enfants Victimes de violations de leurs droits (PAPEV).

La rencontre est organisée par la Direction générale de la protection judiciaire et sociale (DGPJS) en collaboration avec le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme HCDH_BRAO et l'UNICEF, à l'intention acteurs du milieu scolaire, dans le cadre du Projet d'Appui à la Protection des Enfants Victimes de violations de leurs droits (PAPEV). 

Quarante-neuf personnes, dont dix femmes, ont suivi cet atelier de renforcement des capacités sur les droits de l'enfant, dédié aux inspecteurs d'académie, inspecteurs de l'éducation surveillée, coordonnateurs de l'Action éducative en milieu ouvert (AEMO) et membre des organisations de la société civile.

Le but de cette session de renforcement des capacités est de traduire dans les faits les engagements pris par le Sénégal au titre de la Convention relative aux droits de l'enfant et de la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant. Il s'agit de faire passer les textes de la théorie à la pratique, dans les classes, les cours de récréation et les établissements.

Pour Aissé Gassama, directrice de la DGPJS, l'enjeu est clair. « Cet atelier réunit les principales parties prenantes des secteurs de l'éducation, de la protection de l'enfant et du développement autour d'une préoccupation commune : garantir à chaque enfant un environnement scolaire protecteur, inclusif et respectueux de ses droits », a-t-elle souligné. Elle a rappelé que la rencontre répond aux orientations stratégiques du PAPEV, qui visent à renforcer les capacités des décideurs et des acteurs concernés.

La pertinence de cette formation est largement reconnue par les acteurs du secteur. Comme l'a rappelé Mamadou Diop, inspecteur de l’Académie de Kolda, « Il est important de rappeler que les enfants ont des droits et qu'il faut les respecter. » Dans un contexte où les acteurs scolaires sont souvent les premiers à être confrontés à des situations de violence ou de vulnérabilité, « cette rencontre contribue à renforcer leurs capacités à protéger les enfants et à promouvoir une approche fondée sur leurs droits ».

La première journée de formation a été consacrée aux principes fondamentaux des droits de l'enfant : la non-discrimination, l'intérêt supérieur de l'enfant, le droit à la vie, à la survie et au développement, ainsi que le respect de l'opinion de l'enfant. Au-delà des textes, l'objectif était de montrer comment ces principes peuvent guider les décisions et les pratiques quotidiennes au sein des établissements scolaires.

Dans ce sens, Mouhamadou Sow, coordonnateur national du PAPEV au Sénégal, a rappelé que cette activité s'inscrit dans la mise en œuvre des recommandations formulées au Sénégal par les mécanismes internationaux et régionaux des droits de l'enfant. Selon lui, le renforcement des capacités des acteurs de première ligne est une étape essentielle pour traduire ces engagements en actions concrètes, notamment dans la prévention et la prise en charge des violences en milieu scolaire. 

Il a souligné que les interventions de la phase 2 du PAPEV contribuent à la réalisation de l’ODD 4.5. « Il ne peut y avoir d'éducation inclusive et équitable sans un environnement scolaire sûr et protecteur pour chaque enfant », a rappelé Mouhamadou Sow.

La deuxième journée a porté sur un sujet crucial : les violences, la maltraitance et le harcèlement à l'école. Les participants en ont analysé les formes, les causes et les conséquences sur le développement physique, psychologique et scolaire des victimes.

L'essentiel était pourtant de savoir quoi faire, concrètement, face à un enfant en détresse. Les techniques de repérages des signes d’alerte, les mécanismes d’écouter, le référencement auprès des services compétents, bref la gestion des cas de violences scolaires a été au cœur des travaux de cette journée.

À l’issue des trois jours de formation, les participants venus de sept régions ont exprimé leur grande satisfaction quant à la qualité et à la pertinence des échanges. 

L’atelier leur a permis de mieux comprendre les différentes formes de violences en milieu scolaire, ainsi que leur rôle dans la prévention, le signalement et la prise en charge des enfants victimes. 

Les participants ont également souligné l’importance de renforcer la collaboration entre les services étatiques et les acteurs de la protection de l’enfance, considérée comme une approche essentielle pour répondre efficacement à ce phénomène.

Représentant l’UNICEF dans les travaux, Catherine Baumo, Cheffe de la Section Protection a salué la tenue de cette activité en rappelant que. « L'école est bien plus qu'un lieu d'apprentissage. Elle joue un rôle déterminant dans la socialisation, le développement et la protection des enfants, de ce fait, seule une prévention renforcée et des réponses coordonnées peuvent aider à surmonter les défis »

Le « New Deal » : quand le dialogue transforme les normes sociales

La séquence de clôture a sans doute été la plus forte. Le samedi 26 septembre, le HCDH-BRAO et la DGPJS ont réuni les jeunes membres des clubs du Centre Conseil Adolescents de Kolda pour une journée de dialogue. Cinquante-trois jeunes filles y ont partagé leurs expériences de prévention et de prise en charge des violences.

Elles ont présenté le « New Deal », un pacte social conclu avec leurs parents pour lutter contre les mariages et les grossesses précoces. La démarche place les familles au cœur de la solution et montre que les normes sociales peuvent changer par le dialogue entre les générations.

Les échanges ont aussi porté sur les mutilations génitales féminines (MGF), les violences basées sur le genre (VBG) et les violences en milieu scolaire. Pour les organisateurs, cette expérience est un modèle de bonnes pratiques à reproduire.

À Kolda, ces trois jours ont rappelé une évidence trop souvent oubliée : on ne protège pas les enfants sans eux. Former les adultes est indispensable, mais donner la parole aux premières concernées l'est tout autant. 

En renforçant les compétences des acteurs de première ligne du système éducatif, le bureau via le PAPEV contribue directement à l'obligation de l'État de garantir à chaque enfant un environnement scolaire sûr, inclusif et respectueux de sa dignité.